Inventer-le-monde :
l'artiste citoyen
Sofia Aguiar, "Vitrine," 2012.

mercredi 12 décembre 2012

Sofia Aguiar,
Vitrine,
2012,
peintures (huile sur bois, dimensions variables), vitrine et objets collectés,
Dimensions variables.
Courtesy de l’artiste. Avec le soutien de Direção Geral das Artes et Fundação Calouste Gulbenkian.

Née à Oporto en 1963. Vit et travaille à Lisbonne.

Sofia Aguiar peint les insectes de manière obsessionnelle, et les représente à une échelle géante en comparaison avec le réel. Le sujet surdimensionné donne à la peinture un caractère documentaire exploratoire, montrant la relation affective de l’auteur à l’objet de ses angoisses extériorisées ici. L’œuvre de Sofia Aguiar est le résultat d’une sorte d’élan qui amène l’artiste à représenter le sujet de ses angoisses, les insectes et les objets piquants. “J’ai très peur des insectes, je les déteste ; je les dessine pour dépasser la phobie," l’artiste déclare dans une interview avec la curator Filipa Olveira. 


Dans son installation Vitrine, réalisée au Bénin pour Inventer le monde : l’artiste citoyen, l’artiste fait appel à une collection d’objets trouvés au marché Dantokpa, utilisés dans les pratiques vaudou, notamment des aiguilles, des crânes de singes et autres ossements, disposée dans une vitrine avec d’autres objets de différentes valeurs, des broderies précieuses et des boites à bijoux rapportées du Portugal. La vitrine, qui fonctionne comme un véritable cabinet de curiosités, est placée au pied d’un grand mur du Centre Kora, sur lequel sont fixées des dizaines de peintures de la série I Like Insects, Insects Like Me. 
En reflétant sa propre relation au sujet de la peinture, elle crée la correspondance avec le paysage, plus précisément avec son absence, et reconstitue une proposition visuelle entièrement composée sur le lieu de l’exposition.

La vitrine qui sert de « présentoir » est trouvé sur le site du Centre Kora, et c’est cet objet de représentation qui sous sépare des objets vaudou désactivés, et nous rapproche de la peinture qui ici prend vie.

A.K.